samedi 16 mai 2009

J'avais promis, dans mon dernier article, de consacrer ma prochaine envolée lyrique à mon travail à la mairie de Kuala Lumpur. Après mûre et intense réflexion, j'ai décidé de modifier mon projet. Je ne veux en effet pas risquer de faire fuir mon lectorat en parlant trop longuement ou en détail de ce domaine pourtant passionnant qu'est l'urbanisme. Mais le sujet du jour saura, j'en suis certaine, combler les déceptions induites par ce changement de programme.
En guise d'apéritif ou de cocktail dinatoire (pour faire plus snob/chic), voici une première photo qui va nous emmener vers le vif du sujet. Il s'agit... d'une étiquette de bouteille d'eau minérale!



Vous pensez que cette étiquette vante les vertus de l'eau minérale Cactus ou énonce les principes à respecter pour rester en bonne santé ? Vous allez être surpris par la traduction :

Guide de bonne citoyenneté :
1. Croyance en Dieu
2. Loyauté envers le roi et le pays
3. Suprématie de la Constitution
4. Souveraineté du Droit
5. Politesse et Courtoisie

Les Malaisiens aiment beaucoup réglementer, et ce, même en des emplacements des plus insolites ! Mais ne nous égarons pas... C'est aujourd'hui la première ligne qui va nous intéresser : le rapport à la religion en Malaisie.
Ici, tout le monde croit en Dieu, en un dieu. Il est relativement fréquent que les Malaisiens vous interroge sur votre religion. Il est encore plus fréquent qu'il s'étonnent et aient du mal à comprendre ou à imaginer la chose si vous leur répondez que vous êtes athée (ce qui est compréhensible si l'on se réfère à l'étiquette de la bouteille d'eau !). J'ai indiqué, dans un article précédent, que la société malaisienne était multiculturelle et englobait trois groupes ethniques dominants : les malais, les chinois et les indiens.
Les malais, les autochtones, sont de religion musulmane. Les femmes sont voilées, tous apprécient utiliser le fameux Salam aleikoum, et la vie des malais est rythmée par les cinq prières quotidiennes. ceci se traduit par des temporalités particulières en matière de travail : le vendredi, jour important dans la religion musulmane, la pause de midi est allongée (elle s'étend de 12h15 à 14h45 au lieu de 13h à 14h en temps normal) pour permettre aux hommes d'aller prier à la mosquée, et ce, en tenue traditionnelle. Dans les États les plus musulmans du pays (dans le Nord et le Nord-est : Kedah, Kelantan, Terengganu), le vendredi est même un jour chômé. Le weekend-end s'étend ainsi du vendredi au samedi tandis que le dimanche est le jour de la reprise du travail, l'équivalent de notre lundi. A Kuala Lumpur, le weekend couvre en revanche le samedi et le dimanche. La ville, qui se veut une métropole mondiale en devenir, se doit en effet de se range aux temporalités de travail mondiales dominantes afin de garantir l'efficacité de son attractivité et de son intégration économiques. C'est aussi ça, la mondialisation ! Enfin, le malais qui n'adhèrerait pas à la religion musulmane se verrait retirer sa citoyenneté malaisienne. Ça ne rigole pas !

Passons maintenant aux Chinois. Ces derniers sont majoritairement chrétiens ou bouddhistes, ce qui, dans ce dernier cas, ne manque pas d'interroger au vu de l'écriteau de la bouteille d' d'eau (toujours lui !). En effet, le bouddhisme consiste plutôt en une philosophie qu'une véritable religion. Dernièrement, un défilé bouddhiste a d'ailleurs eu lieu, que j'ai eu la chance et le plaisir de croiser au hasard d'un détour de Bukit Bintang, une des grandes artères de la ville, point de repère touristique et haut-lieu de la vie nocturne, animé par la présence de nombreux hôtels, shopping malls, mais également autres activités moins catholiques (pour rester dans le registre religieux)... J'ai appris un peu plus tard qu'il s'agissait de la célébration de l'anniversaire de bouddha, nommée le Vesak Day en Malaisie. De nombreux chars à l'effigie de Bouddha, ornés de décorations et fortement éclairés se sont ainsi succédés un long moment sur l'avenue, entourés par de nombreux adeptes du bouddhisme défilant bougie à la main, parfois chantant, toujours souriants. Le public est par ailleurs intégré à la fête ! En effet, plusieurs moines présents sur les chars aspergent d'eau l'ensemble des participants à l'aide de grandes feuilles de palmiers, tandis que les membres du défilés qui arpentent le bitume distribuent bonbons et fleurs.

(Veuillez m'excuser pour la qualité des photos : mon appareil n'est pas très très coopératif par temps nocturne)


Enfin, les Indiens ont également leurs propres temples et religion, que j'ai eu l'occasion d'expérimenter d'un peu plus près grâce à un sympathique hindou (photo) qui nous a invités à entrer dans un des lieux de cultes de la ville. Après un court recueillement dans une salle ornée d'effigies de Ganesh, le dieu éléphant, nous sommes invités à couvrir de nos mains (de loin) une flamme que fait passer un des religieux parmi les fidèles puis recevons en retour un point de cendre en bas du front, entre les deux arcades sourcilières (photo). En sortant de la salle, nous observons avec curiosité les fidèles jeter de toutes leurs forces quelques noix de coco dans une grande bassine en métal, dans une petite cour située à l'entrée du temple (photo du haut). Il s'agit en fait d'un moyen, pour eux, d'éloigner leurs problèmes, le jet de la noix de coco symbolisant leur résolution et un retour à la sérénité.


2 commentaires:

  1. Salut Elsa !
    Je tiens à te dire que je trouve très interessant ce que tu fais et je suis contente pour toi!
    Voilà! C'est de la part d'une vieille connaissance, Candice Legrand....Tu te souviens? au collège Albert Cron
    Bises

    RépondreSupprimer
  2. yep yoo bien ou quoi
    je suis en mode zaza ce soir...
    Ca m'a l'aire très bien, bon je dois t'avouer que je n'ai pas tout lu car il se fait tard et je comence à m'assouplir mais j'en ai vu assez pour témoigner de ton style littéraire clair et attrayant...

    RépondreSupprimer