dimanche 31 mai 2009

Kuala Lumpur, comme toutes les métropoles, est constamment animée et grouillante, ce qui à la longue, peut devenir fatiguant ! Il fait alors bon, de temps en temps, s'échapper de la capitale et partir à la découverte des sentiers malaisiens. Cet article sera donc consacré à a narration de mes impressions lors d'un petit voyage dans la ville de Kota Baru, à l'occasion du week-end du 1er Mai (le 1er Mai étant un jour férié en Malaisie, comme en France !).

Un petit point géographique pour commencer : la ville de Kota Baru se situe dans dans l'Etat du Kelantan, dans le Nord-est du pays. Cet Etat fait partie des plus traditionnels et des plus musulmans de la Malaisie.

Carte réalisée à partir de Google Earth, avec Phildigit (logiciel gratuit gracieusement mis en ligne par Mr Philippe Waniez : http://philgeo.club.fr/Index.html) et Adobe Illustrator

Première information d'importance à noter dans un coin de votre tête et à tenir prête à mobiliser s'il vous arrivait de vous trouver en Malaisie un week-end de 1er Mai : ne pas voyager en bus ce jour-là ! Tous les malaisiens sautent sur l'occasion pour aller voir leur famille, retourner dans leur village, ou simplement changer d'air, aussi les bus sont-ils noirs de monde ! Le système de réservation de tickets de bus s'en trouve d'ailleurs quelque peu bouleversé : les bus se suivent les uns les autres, et se remplissent suivant la loi de "premier arrivé, premier servi". Nous sommes ainsi partis avec 1 heure de retard (et encore, je pense que nous pouvons nous estimer heureux de nous en être aussi bien sortis !). Deuxième désagrément à notre arrivée le lendemain matin (nous avions pris un bus de nuit) : la réservation de notre chambre d'hôtel avait mystérieusement disparu du registre de la réception. Explication (qui m'a été donnée par plusieurs malaisiens eux-mêmes) : certaines personnes donnent un petit bonus financier afin d'obtenir une chambre lorsque les hôtels affichent complet : un petit coup de gomme et le tour est joué ! La situation n'était donc pas très plaisante : nous n'avions pas de chambre retenue dans cet hôtel et tous les hôtels aux alentours sans exception étaient totalement pleins. Heureusement, un client a eu la bonne idée de quitter sa chambre à ce moment précis, libérant une place que nous nous sommes empressés de prendre ! Nous avons alors pu partir à la découverte de Kota Baru et n'avons d'ailleurs pas eu à aller bien loin : dans la rue même de l'hôtel se déroulait le concours hebdomadaire de chants d'oiseaux de Kota Baru :


Une multitude de cages d'oiseaux sont ainsi rassemblées et accrochées sur des structures amovibles. Le but de cette opération est de déterminer quels oiseaux réalisent les plus belles vocalises ! Je n'ai cependant toujours pas compris comment ie "jury" s'y employait pour effectuer son choix. L'ensemble génère en effet un mélange de sons impressionnant et, pour ma part, j'aurais été bien en peine d'en distinguer un parmi les autres ! Mystère...

Mais Kota Baru recèle bien d'autres richesses : commentaires en images...

L'immense marché couvert, mélange riche de couleurs, d'odeurs, de sons, titillant l'ensemble des cinq sens. Chacun des 4 étages du marché a sa spécialisation : aliments frais au rez-de-chaussée, épices et fruits secs au second, tissus destinés à la confection de la tenue traditionnelle malaise au troisième.

Vue d'ensemble du rez-de-chaussée

Ilot de légumes
Transaction prise sur le vif

La région, très musulmane, regroupe un nombre important de mosquées :

La plus vieille mosquée du pays, entièrement construite en bois




La ville de Kota Baru et ses environs sont célèbres pour leurs fabriques de cerf-volants traditionnels malais.

Un spécimen dans le ciel...
...et ses propriétaires sur la plage d'un village malais (j'ai essayé de tenir les manettes et je peux vous dire qu'il faut être costaud et que la ficelle fait mal aux mains !)
Retour aux origines : dans la fabrique de cerf-volants

Visages malais enfantins sur fond de cerf-volants

Détails

Les fondations
Le monde des cerf-volants

Quelques images de la ville...

La plupart des hommes malais portent le couvre-chef traditionnel, le songkok
La diversité économico-culturello-alimentaire : petit stall en bord de route sur fond de KFC
Les malaisiens adorent ce genre de portes routières, à la gloire de leur Etat ou de leur sultanLes chinois ne sont pas absents de cette ville à 90% malaise

...et de la campagne
Voilà, je vais m'arrêter là avant que mon article ne fasse 1 mètre de long à l'écran ! A la prochaine pour la découverte d'un autre Etat de la Malaisie !

jeudi 28 mai 2009

C'est parti pour quelques news fraîches !
Le week-end dernier, les amis du Kedah (cf. articles précédents) sont venus faire un petit tour à Kuala Lumpur... pour enregistrer leur CD ! Eh oui, ce sont des musiciens en herbe, en même en arbuste puisqu'ils fêtent leurs dix années d'existence ! Nous nous sommes donc rencontrés à Midvalley, un des plus grands shopping mall de la ville, qui comme ses homologues, attire une grande partie des citadins en fin de semaine et se doit donc de mettre les petits plats dans les grands pour les accueillir. Au programme ce jour-ci, après-midi musicale avec une des chanteuses de pop et R&B les plus connues de Malaisie, Ning Baizura (personnellement, je ne suis pas fan...) et un autre groupe de chanteurs dont je n'ai malheureusement pas réussi à saisir le nom. C'est d'autant plus dommage que j'ai pu les rencontrer puisque ce sont des connaissances du groupe du Kedah : ils font des performances communes une fois par an. A défaut d'avoir le son, voici les images :

Les Kedah guys : Ismandi, Idzwan et Fairuz

Tout le groupe d'artistes

Les mêmes sur scène (à droite, la fameuse Ning Baizura)



Sans transition, d'autres news, moins fraîches, et plutôt toxiques... J'ai eu la surprise, en rentrant dans mon humble demeure un soir de découvrir ceci :



Non, il ne s'agit pas d'un incendie, mais d'un traitement préventif anti-chikungunya ! Tout y est passé : les bouches d'égoût, le dessous des voitures garées, les allées, les immeubles, et...ma chambre ! (puisque les fenêtres ne consistent pas en des vitres closes mais en plusieurs palettes de verre qui coulissent et ne ferment pas complètement). Ce sera tout pour ajourd'hui ! Itu sahaja ! Il ne faut jamais abuser des bonnes choses...

jeudi 21 mai 2009

Il est temps, alors que je fête mon premier mois de stage à la mairie de Kuala Lumpur, de consacrer un article à un élément important de mon séjour et de ma vie malaisienne : mon logement. Ce dernier, trouvé avec l'aide d'un ancien étudiant du professeur Mustafa (qui m'a aidée à décrocher le stage (ça fait beaucoup d'aide tout ça, on va finir par croire que je suis assistée ! Mais c'est aussi une qualité que de savoir se faire aider, na !), se situe à un emplacement idéal, dans le quartier de Maluri : à deux pas de la station du train qui me mène directement à mon lieu de travail, et à cinq minutes à pieds d'un centre commercial disposant entre autres d'un supermarché, de stands de nourriture et d'un Starbuck (et par conséquent, d'une connexion Internet !)

Mon appartement, que je partage avec trois chinoises malaisiennes (dont une que je n'ai encore jamais vue en trois semaines de présence !) pour réduire les frais (60 euros par mois, qui dit mieux ?) se situe dans un ensemble plus large d'immeubles, s'apparentant par sa forme à une cité française et répondant au doux nom de Taman Miharja. Si le nom Miharja n'a pas de signification particulière, le terme "taman", qui signifie littéralement "parc" ou "jardin", retient en revanche l'attention. Ce terme, qui fait directement référence au modèle de la cité-jardin perpétué par le britannique Howard, a en effet été impulsé par les promoteurs immobiliers malaisiens après l'indépendance, à partir des années 60-70 afin de désigner des développements de lotissements pavillonnaires en péripherie des villes malaisiennes, et notamment à Kuala Lumpur, qui ont participé à l'étalement urbain horizontal de ces dernières. Le modèle du taman est très caractéristique : il correspond à une unité pavillonnaire reproduite àl'infini pour former un ensemble totalement homogène et standardisé qui propose un paysage urbain très spécifique.

Un taman pris en photo depuis le car, dans la banlieue de Kuala Lumpur


Évidemment, je n'habite pas dans un pavillon, ça se saurait ! Le terme de taman est donc également utilisé pour désigner des ensembles d'immeubles. Le principe est le même que dans le cas du taman pavillonnaire, mais l'unité de référence est cette fois-ci un immeuble d'une dizaine d'étages. Ce qui donne ceci :



Vue d'un peu plus près


La peinture jaune relativement fraîche, les arbres hauts et verdoyants, le linge et les pots de fleurs proposent une palette de couleurs qui animent et égaient le lieu


Un autre détail moins idyllique : la poubelle-décharge au bout de mon allée !


Passons maintenant à une courte présentation du quartier. Maluri est un quartier peuplé en majorité de chinois, ce qui se ressent dans le paysage urbain :

Un temple chinois


De nombreux stands de nourriture chinoise (voir les idéogrammes sur l'écriteau du stand, à gauche)


En parlant de stands, en voici juste à l'entrée de la station Maluri, où je prends mon train tous les matins. Les marchands s'installent aux heures de passage important, le matin et le soir. Peu de malaisiens prennent leur petit déjeuner chez eux. Ils préfèrent acheter un en-cas avant de monter dans le train. A la mairie, la plupart des salariés de mon étage déjeunent au bureau ! Donc, le paysage sonore du matin, c'est plutôt bruit de fourchettes de 8h a 8h30, terminé en beauté par l'hymne national malaisien (Negaraku = Mon pays) qui retentit à cette heure-ci quotidiennement.


Vue depuis la station de train


Le point piéton (objet que les town planners et architectes malaisiens et sud-est asiatiques en général affectionnent particulièrement) qui permet de franchir une de ces intraversables 2 x 3 voies dont Kuala Lumpur a le secret


Les contrastes de hauteur au sein du quartier


Et pour finir en beauté, quelques perspectives végétalisées sur fond de fils électriques : quand le minéral, le végétal, le figé, le vivant et le fluide se rencontrent ...