Un nouvel article me semble d'ailleurs une bonne façon de célébrer la fin de ma deuxième semaine passée sur le sol malaisien! Me voilà donc partie pour vous raconter la petite virée effectuée dans le nord du pays trois jours après mon arrivée à Kuala Lumpur.
Comme vous le savez, je suis en Malaisie pour un stage de 4 mois et demi à la mairie de Kuala Lumpur. Et pour faire un stage en Malaisie, il est obligatoire d'avoir un visa de travail ou un visa étudiant. Le problème, c'est qu'il est très difficile d'obtenir un visa de travail quand on vient pour moins de 6 mois. Du coup, le mairie n'a pas pu faire les démarches, et il a fallu contourner le problème en faisant comme si j'étais en échange avec une université malaisienne. Compliqué, hein! Je suis donc allée à l'Université Utara Malaysia pour rencontrer Mustafa (le prof qui m'a aidé à trouver mon stage) et son staff pour régler cette question de visa. Alors, tout d'abord, comme je ne suis pas géographe pour rien, une petite carte...
L'université est située dans la ville de Sintok, à quelques kilomètres de la frontière Thaïlandaise. Depuis Kuala Lumpur, ça équivaut à une dizaine d'heures de bus. J'ai donc pris un bus de nuit pour éviter de "perdre" une journée à voyager (sachant que la quasi-totalité du voyage s'effectue sur autoroute et qu'il n'y a donc pas grand chose à se mettre sous l'oeil!). Prendre le bus en Malaisie, c'est un peu comme entrer dans un frigo... impossible de régler la clim, et même en fermant les petits loquets juste au-dessus de sa tête, l'air passe encore. Moralité : 10 heures dans un frigo avec un souffle d'air glacé sur la tête, c'est fatal... j'ai passé les jours suivants à me moucher malgré les 34-35°C ambiants... bien la peine d'être sous les tropiques!
Arrivée à 5h30 du matin à destination, je n'ai pas osé appeler la personne qui devait m'emmener à l'université en voiture avant 7h (les malais sont des lève-tôt puisqu'ils doivent faire une première prière le matin au lever du soleil). J'ai donc patienté 1h30 en compagnie des chauffeurs de taxi et en ai profité pour tenter quelques phrases en bahasa Malaysia, la langue nationale! Manque de chance, en France, les bouquins d'apprentissage portent plutôt sur le bahasa Indonesia, la langue des l'Indonésie voisine. Et si les deux langues sont très proches, au point que les deux peuples se comprennent sans problème, il y a quand même quelques variantes, ce qui a bien fait rire ces messieurs!
Arrivée à l'université, je redécouvre l'immense campus qui donne l'impression d'être dans une ville plutôt que dans une université. Une grande partie des 20 000 étudiants y est logée; on trouve également des cafétérias, restaurants, banques, supermarchés, une piscine, un terrain de kart, une multitude de terrains de sport variés et... un mini-centre équestre!
Bref, c'est autre chose que nos universités françaises! On circule en voiture et en bus, au milieu d'une végétation luxuriante et très bien entretenue :
Les bâtiments administratifs sont relativement imposants et la mise en valeur de leurs abords est quasiment digne d'un bâtiment présidentiel...
Un séjour dans le Nord de la Malaisie est par ailleurs très dépaysant, car il s'agit, de même que la côte Est du pays, d'une zone fortement marquée par la culture malaise musulmane (Petite leçon d'importance : il ne faut pas confondre "malais" et "malaisien". Le malaisien est l'habitant de la Malaisie, tandis que le malais est l'habitant autochtone. Les citoyens chinois et indiens de Malaisie sont donc des Malaisiens mais pas des malais) tandis que la côte Ouest et le Sud sont plutôt sous influence chinoise. Ceci se traduit par des temporalités particulières : le week-end correspond ici au vendredi (puisqu'il s'agit d'un jour de prière important pour les musulmans) et au samedi, et le dimanche est un jour de travail.
Suite au prochain épisode...