jeudi 21 mai 2009

Il est temps, alors que je fête mon premier mois de stage à la mairie de Kuala Lumpur, de consacrer un article à un élément important de mon séjour et de ma vie malaisienne : mon logement. Ce dernier, trouvé avec l'aide d'un ancien étudiant du professeur Mustafa (qui m'a aidée à décrocher le stage (ça fait beaucoup d'aide tout ça, on va finir par croire que je suis assistée ! Mais c'est aussi une qualité que de savoir se faire aider, na !), se situe à un emplacement idéal, dans le quartier de Maluri : à deux pas de la station du train qui me mène directement à mon lieu de travail, et à cinq minutes à pieds d'un centre commercial disposant entre autres d'un supermarché, de stands de nourriture et d'un Starbuck (et par conséquent, d'une connexion Internet !)

Mon appartement, que je partage avec trois chinoises malaisiennes (dont une que je n'ai encore jamais vue en trois semaines de présence !) pour réduire les frais (60 euros par mois, qui dit mieux ?) se situe dans un ensemble plus large d'immeubles, s'apparentant par sa forme à une cité française et répondant au doux nom de Taman Miharja. Si le nom Miharja n'a pas de signification particulière, le terme "taman", qui signifie littéralement "parc" ou "jardin", retient en revanche l'attention. Ce terme, qui fait directement référence au modèle de la cité-jardin perpétué par le britannique Howard, a en effet été impulsé par les promoteurs immobiliers malaisiens après l'indépendance, à partir des années 60-70 afin de désigner des développements de lotissements pavillonnaires en péripherie des villes malaisiennes, et notamment à Kuala Lumpur, qui ont participé à l'étalement urbain horizontal de ces dernières. Le modèle du taman est très caractéristique : il correspond à une unité pavillonnaire reproduite àl'infini pour former un ensemble totalement homogène et standardisé qui propose un paysage urbain très spécifique.

Un taman pris en photo depuis le car, dans la banlieue de Kuala Lumpur


Évidemment, je n'habite pas dans un pavillon, ça se saurait ! Le terme de taman est donc également utilisé pour désigner des ensembles d'immeubles. Le principe est le même que dans le cas du taman pavillonnaire, mais l'unité de référence est cette fois-ci un immeuble d'une dizaine d'étages. Ce qui donne ceci :



Vue d'un peu plus près


La peinture jaune relativement fraîche, les arbres hauts et verdoyants, le linge et les pots de fleurs proposent une palette de couleurs qui animent et égaient le lieu


Un autre détail moins idyllique : la poubelle-décharge au bout de mon allée !


Passons maintenant à une courte présentation du quartier. Maluri est un quartier peuplé en majorité de chinois, ce qui se ressent dans le paysage urbain :

Un temple chinois


De nombreux stands de nourriture chinoise (voir les idéogrammes sur l'écriteau du stand, à gauche)


En parlant de stands, en voici juste à l'entrée de la station Maluri, où je prends mon train tous les matins. Les marchands s'installent aux heures de passage important, le matin et le soir. Peu de malaisiens prennent leur petit déjeuner chez eux. Ils préfèrent acheter un en-cas avant de monter dans le train. A la mairie, la plupart des salariés de mon étage déjeunent au bureau ! Donc, le paysage sonore du matin, c'est plutôt bruit de fourchettes de 8h a 8h30, terminé en beauté par l'hymne national malaisien (Negaraku = Mon pays) qui retentit à cette heure-ci quotidiennement.


Vue depuis la station de train


Le point piéton (objet que les town planners et architectes malaisiens et sud-est asiatiques en général affectionnent particulièrement) qui permet de franchir une de ces intraversables 2 x 3 voies dont Kuala Lumpur a le secret


Les contrastes de hauteur au sein du quartier


Et pour finir en beauté, quelques perspectives végétalisées sur fond de fils électriques : quand le minéral, le végétal, le figé, le vivant et le fluide se rencontrent ...




1 commentaire:

  1. Toujours précise et percutante... et surprenante !
    Bien content d'avoir enfin pu découvrir ton quartier : ses pavillons, ses tours et sa belle décharge (sauvage, quand même !quel charme !).

    Eugène

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